Deuxième étape vers la Geoulah d’Israël : L’exil

Les avertissements répétés des prophètes envoyés par la compassion divine ne furent pas écoutés. La patience de Dieu, mille fois sollicitée, vint à épuisement. L’alliance du Sinaï fut brisée. Dieu ne put retenir davantage les jugements inscrits dans l’alliance du Sinaï. La face de Dieu se fixa pour des millénaires en un regard hostile à son peuple. Israël fut rejeté par l’intermédiaire d’ennemis successifs (l’Assyrie, Babylone, la Perse, la Grèce, Rome), loin de la lumière de Dieu, de la terre promise et des bénédic¬tions de la Geoulah: De même, tous les chefs des prêtres et le peuple multiplièrent leur félonie, en se livrant à toutes les abominations des païens, et souillèrent la maison de l’Eternel, sanctifiée par lui à Jérusalem. L’Eternel, Dieu de leurs pères, les avertissait bien par ses messagers sans cesse et dès la première heure, car il voulait épargner son peuple et le lieu de sa résidence. Mais ils raillaient les messagers de Dieu, dédaignaient ses paroles et tournaient en dérision ses prophètes, jusqu’à ce que le courroux du Seigneur s’accrut contre son peuple de façon irrémédiable. Il fit marcher contre eux le roi des Chaldéens, fit périr leurs jeunes gens par le glaive dans le sanctuaire, et n’épargna ni l’adolescent ni la vierge, ni le vieillard ni les cheveux blancs ; tous, il les abandonna en son pouvoir. Celui-ci transporta à Babylone tous les ustensiles, grands et petits, de la maison de Dieu, les trésors de la maison du Seigneur, et les trésors du roi et de ses seigneurs. On brûla la maison de Dieu, on démolit le mur de Jérusalem, et on en livra aux flammes tous les palais ; tous les objets de prix qu’elle renfermait furent la proie de la destruction. (II Chroniques 36, 14-19) L’exil était le châtiment suprême. Il incluait l’ensemble des châtiments contenus dans l’alliance du Sinaï. Plus grave, il exprimait la rupture de l’alliance entre Dieu et Israël. Le sort de la terre était indissolublement lié à celui du peuple. La misère qui frappa le peuple frappa la terre d’Israël, comme la faute d’Adam corrompit la nature de notre monde. Cette terre où coulaient le lait et le miel, se mua en une désolante aridité. Laissée à l’abandon par ses conquérants succes¬sifs, désertifiée volon¬¬tai¬¬rement par les occupants musulmans, le pays sombra avec le peuple, comme le stipulait l’alliance du Sinaï, dans la vallée de l’ombre de la mort: Moi-même je désolerai cette terre, si bien que vos ennemis, qui l’occuperont, en seront stupéfaits. Et vous, je vous disperserai parmi les nations, et je vous poursuivrai l’épée haute ; votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées. Alors la terre acquit¬tera la dette de ses chômages, tandis qu’elle restera désolée et que vous vivrez dans le pays de vos ennemis, alors la terre chômera, et vous fera payer ses chômages. (Lévitique 26, 32-34) L’une des pertes les plus dramatiques fut celle de la parole divine. D’elle le peuple juif ne pouvait se référer qu’au passé ou, par un mouvement d’espoir, vers son retour promis au futur, à la fin des temps, mais non plus au présent. La lumière de la présence de Dieu fut rempla¬cée par les ténèbres de Son absence, le vide de Son silence. Entre la période biblique et la longue période talmudique qui suivit, il n’y avait pas de continuité, mais une rupture. La flamme qui animait la Bible avait disparu du Talmud. La lumière de la période d’exil n’était que celle des hommes et non plus celle de Dieu.

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