La Geoulah personnelle

L’avancée de la Geoulah, qu’elle soit éternelle ou celle d’Israël, ne se réalise que par l’accomplis-sement de la Geoulah personnelle. La porte par laquelle la Geoulah entre en ce monde est le cœur de l’homme. La chute d’Adam a brisé l’humanité en une multitude de cellules individuelles que sont les hommes. Depuis, la vie, la mort, le salut sont affaires individuelles. Quand, à la fin des temps, viendra le jugement dernier et la résurrection des morts, chacun ira vers la destination finale d’après ce qu’aura été sa vie personnelle : La multitude de ceux qui dorment dans la poussière du sol se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour être un objet d’ignominie et d’horreur éternelle. (Daniel 12, 2) La conquête de la Geoulah personnelle est le sens et le but de toute vie humaine sur cette terre. Elle permet dès ce monde l’accès à la Geoulah éternelle, mais au prix d’un engagement entier de l’être. La Geoulah personnelle est l’union retrouvée à Dieu. Elle engendre une dimension nouvelle de vie chez celui qui en bénéficie. Elle permet l’irruption de l’être divin dans l’âme de la personne, dans la part du monde qui lui est confiée, et, corrélativement, de l’esprit de l’homme dans le monde divin. La clé de la Geoulah personnelle est le renouvellement du cœur, sa circoncision. A savoir, la résurrection de la nature humaine originelle, l’image de Dieu perdue par la faute d’Adam : L’Eternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, et assures ton existence. (Deutéronome 30, 6) La circoncision du cœur est de plus la circoncision des sens handicapés par l’antique jugement divin : Que le cœur de ce peuple soit épaissi, que ses oreilles soient assourdies, que ses yeux soient hébétés (Isaïe 6, 10). Cette circoncision spirituelle ouvre la porte de la connaissance de Dieu selon une intimité incomparable et permet de recevoir de lui la nourriture nécessaire à l’âme : Ceux qui voient n’auront plus les yeux troubles, ceux qui entendent prêteront une oreille attentive ; l’intelligence des gens légers apprendra à connaître, et la langue des bègues s’exprimera avec facilité et clarté. (Isaïe 32, 3-4) L’accomplissement de la Geoulah d’Israël est une promesse divine. Par contre, ce qui dépend relativement de l’homme est le degré de rapidité de son développement et le degré de difficulté de celui-ci. Plus rapidement chacun ouvrira son cœur à la Geoulah personnelle, plus vite la Geoulah d’Israël avancera et, par voie de conséquence, la Geoulah éternelle, et plus de peines inutiles seront épargnées. La venue de la Geoulah éternelle est liée à l’accomplissement de l’ensemble des Geoulot [= pluriel de Geoulah] personnelles. Quand la dernière cellule humaine devant être sauvée le sera, alors la Geoulah éternelle sera prête à paraître des cieux.

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D’Adam a sa faute

L’homme est la dernière créature à apparaître, au terme de la semaine créatrice. Le seul à être formé à l’image de Dieu et à le représenter dans le monde, ayant hérité de son autorité: Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail ; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent. (Genèse 1, 26) L’homme est un pont entre la terre, dont il tient l’origine de son corps – poussière du sol – et la Divinité, dont il tire son souffle de vie véritable. Il est la porte par laquelle le Créateur veut poursuivre et achever son œuvre: L’Eternel-Dieu façonna l’homme – poussière détachée du sol, – fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. (Genèse 2, 7) Pour transformer la terre et l’épanouir, Dieu planta un jardin en Eden (Genèse 2, 8). Ce jardin est une ambassade du royaume et du shabbat divins sur la terre. Le rôle de l’homme était de cultiver et de garder le jardin (Genèse 2, 15) pour l’étendre à l’ensemble du monde afin que notre univers entier devienne une émanation des merveilles divines. Le shabbat devant apparaître lorsque cet objectif suprême aura été accompli. La faute d’Adam Adam reçut le pouvoir de se forti¬fier en se nourrissant de tous les arbres du jardin et, en particulier, de l’arbre de vie (Genèse 2, 9 & 16). Le mouvement vital insufflé par le Créateur pouvait, de la sorte, perpétuer son cycle sans que vieillissement ou maladie viennent l’interrompre. La seule réserve imposée à l’homme était de ne pas manger de l’arbre de la science du bien et du mal. La consommation de cet arbre causerait l’introduction de la mort dans le corps humain et dans le monde et mettrait un terme au mouvement de vie divine qui animait l’un et l’autre: Tous les arbres du jardin, tu peux t’en nourrir ; mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point: car le jour où tu en mangeras, tu dois mourir ! (Genèse, 2, 16-17) Derrière la discrétion du récit biblique se cache un des drames les plus effroyables de l’humanité. L’image de Dieu sombra dans l’abîme de matérialité à laquelle Adam avait donné pouvoir. Elle se transforma en l’image bestiale que nous portons aujourd’hui. Il est pratiquement impos¬sible de nous représenter ce que nous fûmes avant cette chute. La nature entière sombra avec Adam, car il en était le maître. Sa désobéissance a ouvert la porte au mal et à la mort. Plus rien n’existait de l’ordre para¬di¬siaque originel. La souf¬france et le conflit devinrent les dimensions obligées du nouveau mode d’existence: A la femme il dit: J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse ; tu enfanteras avec douleur (…) Et à l’homme il dit: (…) maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras. Elle produira pour toi des buissons et de l’ivraie, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain – jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré: car poussière tu fus, et poussière tu redeviendras ! (Genèse 3, 16-19) La promesse de Geoulah Malgré l’ampleur de la faute, le plan divin ne pouvait se briser là. Dieu annonça le salut final, la Geoulah éternelle, et la victoire contre le mal et son auteur, le Satan, au terme d’une lutte impitoyable. C’est au serpent, représentant du Satan, que Dieu fit cette prédiction en une sentence métaphorique qui constitue la première prédiction messianique de la Bible: Je ferai régner la haine entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne: celle-ci te visera à la tête, et toi, tu l’attaqueras au talon. (Genèse 3, 15) Depuis ces événements dramatiques, pour que le Créateur pût achever son plan, il lui fallut se mouvoir en Rédempteur (Goël). La création s’achè¬vera quand la Geoulah sera accomplie. Dieu créera, au terme du processus, un ciel nouveau et une terre nouvelle dans lesquels les justes, retrouvant leur image divine originelle, jouiront pour l’éternité d’un bonheur indicible. Ce sera alors la Geoulah éternelle: Oui ! me voici en train de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, si bien qu’on ne se rappellera plus ce qui aura précédé; on n’en gardera pas le moindre souvenir. (Isaïe 65, 17)

L’origine de geulah

S’il y a Geoulah, c’est qu’il y a eu préalablement chute. Dieu agit pour sauver ce qui a été perdu. La Geoulah éternelle existe parce que Adam et Ève ont entraîné l’humanité entière dans leur chute. La Geoulah personnelle existe parce que chaque homme est depuis corrompu par nature. La Geoulah d’Israël existe parce qu’Israël, instrument de la rédemption, a chuté en transgressant l’alliance du Sinaï et, pour cette faute, a été exilé. Le plan divin pour établir la Geoulah éternelle est un combat titanesque qui se déroule sur le temps de notre univers et s’étaie sur chaque cellule qui le compose. Dans ce plan, Israël joue un rôle central. La venue de la Geoulah éternelle est conditionnée par l’accomplissement de la Geoulah d’Israël.